La France à La Antigua pour la 43e Assemblée générale de l’OEA

Pays observateur, la France participe au Guatemala à la 43e Assemblée générale de l’Organisation des Etats américains. A l’occasion du traditionnel dialogue entre les Etats membres et les Observateurs, le mardi 4 juin, l’Observateur permanent de la France auprès de l’OEA, Pierre Henri Guignard, et l’Ambassadrice chargée de la Lutte contre la criminalité organisée, Michèle Ramis, ont rappelé l’intérêt de la France pour les Amériques et l’engagement de la France pour lutter contre le problème mondial de la drogue. Intervention :

« C’est avec un très grand plaisir que je retrouve La Antigua. Je tiens d’emblée à remercier les autorités et la population guatémaltèques pour leur accueil chaleureux. C’est avec un bonheur encore plus grand que ma collègue Michèle RAMIS, ambassadrice chargée de la lutte contre la criminalité organisée, ancienne ambassadrice au Guatemala, retrouve cette ville merveilleuse à l’ombre des volcans. Je vais lui laisser la parole dans un instant, afin qu’elle exprime tout l’intérêt que notre pays porte au thème que vous avez choisi pour cette 43e Assemblée générale.

Auparavant, permettez-moi de rappeler ici que le lien entre la France et les pays que vous représentez s’est singulièrement renforcé au cours de l’année écoulée. J’en veux pour preuve le nombre et l’importance des visites effectuées par les autorités françaises dans les Amériques et celles de vos pays en France.

Le président François HOLLANDE est venu aux Etats-Unis puis au Mexique. Il s’est rendu ensuite au Brésil. Le Premier ministre, M. Jean-Marc AYRAULT, s’est déplacé en Argentine et au Chili, où il a présidé la délégation française au Sommet Union européenne / CELAC. Il a aussi effectué une visite officielle au Canada. Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, M. Laurent FABIUS, a effectué des visites au Panama, au Pérou et en Colombie. Faute de temps, je ne mentionnerai pas ici les autres déplacements ministériels dans la région, en Amérique centrale, en Equateur, au Venezuela ou dans la Caraïbe... L’accélération des visites croisées – les chefs d’Etat du Pérou, du Brésil, de la Bolivie et du Panama notamment sont venus à Paris – illustre l’importance du partenariat qui rapproche la France de vos pays. Laurent FABIUS l’a dit à Bogota : « l’Amérique latine constitue une priorité pour notre politique étrangère. Oui, nous souhaitons nous engager sur le long terme dans une relation de grande confiance avec vous. »

Monsieur le Président,

Le rapprochement entre la France et le continent, entre l’Union européenne et les Amériques, passe aussi par l’OEA car la démocratie représentative et les droits de l’Homme sont les piliers d’un monde citoyen juste et équitable.

- C’est pourquoi la France participe au Fonds d’Observation électorale de l’OEA ;

- C’est pourquoi mon pays est attaché aux valeurs universelles sur lesquelles reposent les systèmes européen et interaméricain des droits de l’Homme ;

- C’est pourquoi aussi la France s’est associée à plusieurs Etats membres qui, en réponse au rapport de la CIDH sur la peine de mort dans les Amériques, espèrent inscrire ce thème à l’agenda de votre prochaine Assemblée générale en vue de l’adhésion par l’ensemble de vos pays du Protocole à la Convention américaine des droits de l’Homme relatif à l’abolition de la peine de mort.

Parce que nous avons cet agenda substantiel en partage, je regrette que nous n’ayons pas encore réussi à dynamiser le dialogue entre les Etats membres et les 68 Etats accrédités comme Observateurs. Nous devons y travailler.

Dans les espaces de coopération entre nos continents nous avons aussi la Sécurité multidimensionnelle. Mais c’est un sujet que va traiter ma collègue l’ambassadrice chargée de la lutte contre le crime organisé.

***

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs de délégation,
Mesdames et Messieurs les délégués,

C’est pour moi un immense plaisir d’être aujourd’hui à La Antigua et je tiens à remercier la présidence guatémaltèque pour la qualité de son accueil et l’excellente organisation de cette Assemblée générale.

Je retrouve ainsi avec joie l’Ambassadeur Pierre-Henri GUIGNARD, Observateur permanent de la France auprès de votre organisation, qui a été mon ami et mon complice lorsqu’il était Ambassadeur au Panama et que j’avais moi-même la chance de représenter la France ici au Guatemala. Soyez assurés, et je me permets de parler en notre nom commun, de notre volonté de cultiver et renforcer les liens d’amitié qui unissent la France et votre continent.

L’impact du problème de la drogue pour les pays du continent est une source de grave préoccupation. Ses conséquences en termes de sécurité, d’état de droit et de gouvernabilité, de santé publique, de cohésion sociale et de développement appellent des réponses intégrales, prenant en compte les différents éléments de la problématique et s’appuyant sur la coopération régionale et internationale. Le trafic de cocaïne affecte non seulement la stabilité de certains Etats mais du fait du poids et de l’organisation des réseaux criminels, menace la stabilité régionale et internationale.

Le trafic de la drogue acheminée vers le nord de l’Amérique, l’Europe et l’Afrique affaiblit les zones traversées et y développe la criminalité et la violence. Je pense en particulier à l’Amérique centrale bien sûr, mais aussi, loin d’ici, à l’Afrique de l’Ouest, par laquelle transite environ 40 pour cent de la cocaïne consommée en Europe. Les événements du Mali l’ont montré, l’installation dans cette région du monde d’un crime organisé fédéré par le trafic de drogue alimente la corruption et l’instabilité et offre des sources de financement à certains groupes terroristes.

Nous avons étudié attentivement le rapport du secrétariat de l’OEA sur le problème des drogues et souhaitons saluer le travail de réflexion réalisé sur une thématique qui préoccupe l’ensemble de la communauté internationale. Nous nous félicitons de l’approche intégrale de ce rapport et de l’accent mis sur la santé et le développement social.

La France est en effet attachée à une approche équilibrée du problème des drogues, qui s’appuie à la fois sur la réduction de la demande et sur celle de l’offre. Nous considérons que les politiques de réduction de la demande doivent combiner une palette de mesures préventives, pénales, thérapeutiques et de réduction des risques. Le trafic doit être poursuivi sans relâche par l’action pénale nationale et la coopération internationale. Face au crime organisé, la communauté internationale doit organiser sa réaction et unir ses efforts car aucun Etat ne peut lutter seul contre ce fléau.

Les trois conventions des Nations Unies contre les drogues fournissent le cadre légal commun permettant cette coopération internationale et doivent être pleinement mis en œuvre et être complétés par des politiques nationales efficaces de réduction de la demande.

Enfin, nous souhaitons réaffirmer notre attachement au principe de responsabilité partagée. Nous sommes tous touchés par la drogue et nous savons que la distinction entre pays de production, de consommation et de transit ne correspond plus à la réalité. Dans cet esprit, nous devons aussi nous entraider en partageant expériences et bonnes pratiques.

C’est pourquoi nous suivons avec beaucoup d’intérêt les travaux menés au sein de votre organisation et que nous souhaitons qu’ils permettent une meilleure prise en compte des différents aspects de la problématique des drogues.

En mars 2014, la Commission des Stupéfiants des Nations unies évaluera les résultats de la stratégie mondiale contre les drogues et établira un premier bilan de cette stratégie, dans la perspective de la session spéciale de l’Assemblée générale sur ce thème en 2016. Ce cycle d’examen nous offre l’opportunité de donner une nouvelle impulsion à la lutte contre les drogues. Le Président de la République française a appelé à une mobilisation plus forte de la communauté internationale contre le fléau des drogues. Nous souhaitons travailler avec toutes les régions affectées pour renforcer nos efforts communs contre un phénomène qui menace et affecte gravement le développement humain et la démocratie.

Je vous remercie ».

Source : Mission permanente de la France auprès de l’OEA (Washington, 5 juin 2013)

Dernière modification : 07/06/2013

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