41e Assemblée générale de l’OEA : la France, un partenaire solide

Quelques heures avant l’ouverture officielle de la 41e Assemblée générale de l’OEA à San Salvador (El Salvador), l’Observateur permanent de la France, Pierre Henri Guignard, a souligné le dynamisme de la participation de la France aux programmes de l’Organisation en soutien de ses actions en faveur de la démocratie, des droits de l’Homme, de la sécurité et de la justice. Intervention :

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« Il y a 30 ans, le 28 août 1981, Jorge Castañeda Sr. et Claude Cheysson signaient ensemble la Déclaration franco-mexicaine sur le Salvador. Aujourd’hui, l’Assemblée générale de l’OEA se réunit dans un pays en paix, démocratique, au cœur d’une région stable avec laquelle l’Union européenne vient de signer un accord d’association. La France était présente en 1981. Elle est présente en 2011. Aucune rhétorique dans cet engagement, mais un partenariat solide, concret et durable.

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Permettez-moi, au titre du 30e anniversaire de ce texte fondamental, d’exprimer spécialement et chaleureusement la reconnaissance émue de ma délégation aux autorités salvadoriennes qui nous accueillent si généreusement.

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Vous le savez, la France assume cette année la double présidence du G8 et du G20 qui a permis d’apporter des réponses collectives efficaces à la crise économique la plus grave traversée depuis celle des années 30. J’ai déjà présenté les priorités de la Présidence française du G20 devant le Conseil permanent de votre Organisation : réformer le système monétaire international, renforcer la régulation financière, lutter contre la volatilité excessive des matières premières, soutenir l’emploi et renforcer la dimension sociale de la mondialisation, lutter contre la corruption et agir pour le développement. Je n’y reviendrai donc pas ici, mais sans doute vous rendrai-je compte, le moment venu, des résultats du Sommet qui se déroulera à Cannes en novembre prochain.
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Parce que le thème de votre Assemblée générale, à l’initiative de la présidence salvadorienne, est « Sécurité citoyenne dans les Amériques », je m’arrêterai, si vous le voulez bien, sur une initiative du Président Nicolas Sarkozy dans le cadre du G8, qui illustre la complémentarité entre nos forums. Le 10 mai dernier, vingt deux Ministres en charge de la lutte contre le trafic de drogue, d’Europe, d’Amérique et d’Afrique ainsi que dix organisations internationales et régionales, dont l’OEA que vous représentiez, M. le Secrétaire général, se sont réunis à Paris sur le thème de la lutte contre le trafic transatlantique de cocaïne. Une déclaration politique et un Plan d’action –que je tiens à votre disposition- ont été adoptés à cette occasion, définissant les modalités d’une coopération renforcée pour faire face à ce fléau. Ils constituent une avancée majeure sur le plan opérationnel et politique et témoignent de notre engagement commun. Le Plan d’action définit une feuille de route flexible qui orientera la coopération opérationnelle dans de nombreux domaines. La Déclaration politique met en exergue les principes et valeurs qui prévalent dans la lutte contre la drogue.
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Il est clair dans mon esprit que la déclaration de San Salvador fera directement écho aux préoccupations qui sont les nôtres en matière de sécurité dans le cadre du G8. C’est pourquoi j’ai proposé à la présidence salvadorienne et au Secrétariat général d’en transmettre les conclusions à la présidence française, afin d’approfondir et élargir sa réflexion.
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Mesdames et messieurs, en réfléchissant au thème de la sécurité citoyenne, comme elle l’a fait l’an passé à Lima en se penchant, sur le thème de « la paix, de la sécurité et de la coopération, » l’OEA se trouve au cœur de sa mission. Mon pays, qui appartient à ce continent, s’associe pleinement à votre mobilisation face à l’un des grands défis de notre temps.
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La France d’Amérique, il est vrai, s’est impliquée en 2010 aux côtés de votre Organisation comme jamais auparavant.
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D’abord, en cette année du 10e anniversaire de la Charte démocratique, la France soutient activement la démocratie. Elle en a donné la preuve en participant directement à la Mission d’Observation électorale en Haïti où son soutien s’est inscrit dans la logique de son engagement en faveur de la reconstruction du pays, un engagement notable, entre autres, dans les domaines de la santé et de l’éducation. Suite à sa participation à la Mission d’Observation électorale conjointe avec la CARICOM, mon pays a décidé de participer pour la première fois, pour les cinq ans à venir, au financement du Fonds de l’OEA pour l’Observation électorale.
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Ensuite, la France soutient activement les Droits de l’Homme. A Ottawa, en février dernier, nous avons participé à la conférence à l’initiative de la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme. La Commission a demandé le doublement de ses moyens. Nous avons répondu par le doublement de notre contribution, garantie, là encore, sur cinq ans. Mercredi prochain, je participerai à la réunion organisée conjointement par la Commission et la Cour et je peux d’ores et déjà vous annoncer que nous répondrons favorablement à une demande de coopération renforcée avec la Cour.
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Enfin, la France soutient effectivement les efforts de l’organisation dans le domaine de la sécurité multidimensionnelle. Votre participation à la réunion de Paris, M. le Secrétaire général, en a été l’illustration. Notre engagement auprès de la CICAD offre une perspective continentale au travail réalisé par nos Forces Armées et nos Douanes dans la Caraïbe pour lutter contre les trafics de drogue. Nous nous apprêtons par surcroît à explorer de nouvelles pistes de coopération avec la CICTE et la France sera bientôt le premier pays non américain à faire partie intégrante du réseau interaméricain de coopération judiciaire.
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Je ne détaillerai pas ici l’ensemble de nos contributions. Je me contenterai, Mesdames et Messieurs les représentants des Etats membres, de souligner que, en un an, la France a multiplié par six - par six !- sa contribution au système interaméricain : la France soutient l’OEA.
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La France d’Amérique, la France de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon vous accompagne. Dans un monde profondément instable, l’Union européenne –dont je salue les représentants - et les Amériques doivent s’appuyer sur leur communauté de valeurs pour donner un sens à nos réponses aux enjeux et aux défis globaux. Nous nous y employons jour après jour, à vos côtés, dans le respect de l’indépendance de vos objectifs et de vos choix. »./.
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Source : Mission permanente de la France auprès de l’OEA. (San Salvador, El Salvador, 5 juin 2011).

Dernière modification : 06/06/2011

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