4 juillet : fête nationale américaine

Le 4 juillet, à l’occasion de la fête nationale américaine, le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, s’est adressé au corps diplomatique américain à Paris et a rappelé les liens étroits et l’amitié mutuelle qui unissent les Etats-Unis et la France. Intervention :

« Monsieur l’ambassadeur,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Madame la Secrétaire perpétuelle,

Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique,

Chers Amis,

Trois jours après son investiture, le Président de la République François Hollande s’envolait pour Washington. C’était son premier déplacement hors d’Europe en tant que Président de la République. Il venait juste de rencontrer la chancelière d’Allemagne le soir même de sa prise de fonction.

Et la semaine dernière, j’étais présent avec beaucoup d’entre vous pour dire au revoir à l’ambassadeur d’Allemagne qui vient de partir en poste à Rome. Ce n’est donc pas un hasard si je suis, aujourd’hui, parmi vous pour célébrer la fête nationale américaine.

En effet, Monsieur l’ambassadeur vous venez de le rappeler avec beaucoup de force et de chaleur, la France et les Etats-Unis ont tellement en partage :

tout d’abord une histoire commune et vous me permettrez de rappeler, à cet égard, le voyage que Benjamin Franklin avait entamé, en décembre 1776, pour nouer des contacts avec la France des lumières, par un accueil enthousiaste de la population de Nantes. Puisque c’est par le port de Nantes qu’il était arrivé et qu’une place rappelle aux passants et aux visiteurs cet évènement historique ;
et puis ce qui nous relie ce sont les valeurs de la liberté et de la démocratie. C’est ce qui donne à nos deux pays une responsabilité particulière et une vocation à porter un message universel ;
c’est la capacité aussi à traverser les grandes épreuves ensemble et à toujours finir par se retrouver, même lorsque nous avons, et cela arrive bien sur entre amis, des désaccords ou des différends.

Mais cet acquis-là, cet acquis qui est issu de notre histoire commune et de l’histoire tout entière, il est irremplaçable et il est surtout d’une extrême modernité. C’est grâce à cette relation unique que nous pouvons ensemble apporter des réponses aux défis auxquels le monde est aujourd’hui confronté et que vous avez rappelé.

Comme je l’ai indiqué hier à l’Assemblée nationale dans mon discours de politique générale, la France est engagée dans un effort de redressement dans la justice. Cet objectif ne sera atteint que si nous parvenons à réorienter l’Europe vers la croissance. Et de ce point de vue une étape décisive a été franchie au Conseil européen des 28 et 29 juin, avec nos partenaires.

Au G8 de Camp David et au G20 de Los Cabos, nous avons trouvé dans les Etats-Unis un allié convaincu que la discipline budgétaire, si elle est nécessaire, n’est pas suffisante. Nous devons donc poursuivre nos efforts pour favoriser la coordination internationale accrue qu’exigent les grands déséquilibres planétaires. C’est eux qui sont à l’origine de cette crise économique et financière, cette crise qui n’est pas encore terminée et qu’il serait simpliste de réduire à un problème des seuls Européens. Nous comptons sur les Etats-Unis pour parcourir leur part du chemin, comme pour faire avancer, avec nous, la cause de la loyauté dans les échanges.

Monsieur l’ambassadeur, alors que la spirale de la répression et de la violence est toujours à l’œuvre en Syrie et que l’Iran poursuit sa fuite en avant vers l’acquisition d’une capacité nucléaire militaire, aucune solution ne pourra émerger sans une concertation étroite entre nos deux pays et sans leur capacité à entraîner le reste de la communauté internationale. Je me réjouis, à cet égard, de la participation d’Hillary Clinton à la réunion du groupe des amis du peuple syrien qui contribuera, vendredi, à Paris, à renforcer les chances d’un processus de transition politique à Damas.

Je ne saurais terminer sans évoquer la solidarité indéfectible de la France à l’égard des Etats-Unis. Je n’étais pas encore ministre à l’époque, j’étais Président du groupe parlementaire socialiste. Et c’est à cette époque que le gouvernement français dirigé par Lionel Jospin s’est immédiatement mis à vos côtés lorsque vous étiez en état de légitime défense après le 11 septembre, alors que vous étiez attaqués sur votre sol. Et bien je me rappelle cette solidarité. Et je rappelle aussi que le terrorisme, partout dans le monde et aujourd’hui au Sahel, continue à menacer nos valeurs les plus essentielles et exige une détermination de tous les instants.

C’est encore cette solidarité qui me conduit à exprimer devant vous toute la compassion du gouvernement français face au spectacle des dévastations qu’ont entraîné ces derniers jours les incendies et les intempéries qui ont si cruellement frappé votre pays.

Monsieur l’ambassadeur, pour revenir à l’histoire, permettez-moi à mon tour de citer une grande personnalité. Je citerai Franklin Roosevelt : « il n’existe pas deux nations plus unies par les liens de l’histoire et de l’amitié mutuelle que les peuples de France et des Etats-Unis ». C’est vers eux que vont mes pensées, en cette belle journée de célébration de votre fête nationale, du fond du cœur.

To all of you, best wishes on your Independence day ! »

Source : Ministère des Affaires étrangères (Paris, 4 juillet 2012)

Dernière modification : 05/07/2012

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