États-Unis - Conférence de presse conjointe d’Emmanuel Macron et de Donald Trump

Retrouvez les propos d’Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse avec Donald Trump.

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"Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je tenais avant tout à remercier le président Trump pour sa visite à Paris cet après-midi et demain matin, ainsi que sa délégation.

J’ai été ravi de pouvoir accueillir, tout à l’heure, le président Trump et son épouse, qui a accepté l’invitation que je lui avais faite, il y a quelques semaines, de venir à Paris pour participer au 14 juillet en France.

Je pense que c’est à la fois symbolique et important que le président des États-Unis d’Amérique puisse en effet être présent demain lors de notre fête nationale et puisse assister à un défilé qui associera les troupes américaines puisque ce défilé permettra de fêter non seulement notre fête nationale mais également le centenaire de l’intervention des troupes américaines aux côtés de la France pendant la Première Guerre mondiale.

Je crois que nous sommes, l’un et l’autre, conscients que, quelles que soient nos fonctions, nous participons à des histoires qui nous dépassent. Nous vivons dans des pays dont les ancrages sont plus forts et plus profonds que ce que nous sommes et c’est ce dont vient témoigner ce centenaire. Donc, la présence du président Trump était, à mes yeux, non seulement naturelle, mais je pense que c’est une très bonne chose pour l’Histoire de nos deux pays.

Nous avons, en début d’après-midi, avec nos épouses d’abord, pu partager une partie de l’Histoire de France et de l’Histoire franco-américaine, aux Invalides et au Musée des Invalides. Puis, nous avons eu une séance de travail détaillée et dont je dois dire que je me réjouis très sincèrement.

Nous avons pu évoquer plusieurs sujets d’intérêt commun qui ont permis de mettre en lumière des convergences de vues, d’objectifs et surtout un agenda de travail commun pour les prochains mois.

Sur les sujets commerciaux, nous sommes convenus ensemble de tout faire pour qu’il y ait un commerce libre et équitable et qui puisse se mettre en place, en la matière, c’est ce dont le G20 à Hambourg a exprimé en quelque sorte la sensibilité.

Nous souhaitons pouvoir travailler ensemble pour prendre des mesures efficaces de lutte contre le dumping dans tous les secteurs où ces pratiques apparaissent, en échangeant les informations dont nous disposons et en permettant à l’Union européenne, aux États-Unis d’Amérique de prendre les mesures nécessaires pour protéger, dans le cadre du libre-échange, mais d’un juste libre-échange, l’ensemble des secteurs d’activité qui sont les nôtres ainsi que nos travailleurs.

Nous avons eu ensuite une longue discussion qui nous a permis de couvrir l’ensemble des sujets communs relatifs à la politique internationale et aux défis de la sécurité de nos populations. Je crois pouvoir dire qu’en matière de lutte contre le terrorisme, et cela, depuis le premier jour, nos vues sont parfaitement alignées, avec une détermination entière à prendre toutes les dispositions pour éradiquer les terroristes et limiter, partout où nous le pouvons, la propagande de ces derniers.

Sur Internet, nous sommes convenus de renforcer notre action et notre coopération en matière de lutte contre la propagande, d’obligation portée à l’égard de tous les opérateurs pour limiter cette propagande sur Internet et également d’actions conjointes en termes de cybercriminalité. Ces sujets sont, à mes yeux, absolument fondamentaux, je souhaite que la coopération entre nos deux pays soit renforcée et c’est avec beaucoup de satisfaction que j’ai entendu une sensibilité commune chez le président Trump. Donc, nos services vont travailler ensemble dans les prochaines semaines et les prochains mois pour avoir un plan d’action robuste sur ce sujet.

Sur la situation irako-syrienne, nous sommes convenus, là aussi, de poursuivre le travail en commun, en particulier pour pouvoir mener ensemble des initiatives diplomatiques qui permettront de construire la feuille de route de l’après-guerre. Une réflexion est en cours sur notre place à la fin des conflits, mais d’ores et déjà le souhait que nous avons, c’est de pouvoir initier un groupe de contact pour intervenir de manière beaucoup plus efficace, en soutien de ce qui est fait par les Nations unies, pour pourvoir construire la feuille de route politique de l’après-guerre, en particulier en Syrie, où il est indispensable que nous puissions construire les solutions politiques inclusives de l’après-conflit. Nous savons où sont les facteurs de déstabilisation et cette feuille de route d’après-conflit les prendra en compte. Nous avons ainsi demandé à nos diplomates et nos équipes de pouvoir travailler en ce sens pour que dans, les prochaines semaines, une initiative concrète puisse être prise et portée par le P5.

C’est la même volonté que nous partageons en Libye, où, pour ma part - je l’ai partagée avec le président Trump - je souhaite pouvoir mener plusieurs initiatives diplomatiques fortes, compte tenu de la situation que nous connaissons et qui impose une plus grande stabilité et un plus grand contrôle de la région. Qu’il s’agisse de la Libye ou du Sahel, je crois pouvoir dire que nous avons une vision conjointe, extrêmement cohérente de la situation et une volonté, là aussi, d’agir de manière très claire pour lutter contre toutes les formes de déstabilisation et le terrorisme.

Enfin, sur le climat nous connaissons nos désaccords, nous les avons exprimés et partagés à plusieurs reprises. Je pense que c’est important de pouvoir continuer à voir comment avancer sur ce sujet. Je respecte la décision du président Trump. Il va ainsi mener des réflexions et le travail qui convient et qui correspondent à ses engagements de campagne. Pour ma part, comme je l’ai dit, je reste attaché à l’Accord de Paris et à la volonté qui est la mienne de poursuivre le cadre de cet accord et de pouvoir justement procéder, étape par étape, à ce qui est prévu par l’Accord.

Voilà, Mesdames et Messieurs, l’essentiel des discussions que nous avons eues, au-delà d’échanges amicaux que nous poursuivrons dans la soirée. Je dois dire que sur ces grands sujets, que sont le commerce, la sécurité de nos pays, la lutte contre le terrorisme, la stabilité au Proche et Moyen-Orient, en Libye ou au Sahel, nous avons une détermination commune. Les États-Unis d’Amérique sont fortement engagés, en particulier dans la guerre d’Irak et je remercie le président Trump pour tout ce qui a été fait dans ce contexte-là par les troupes américaines. Mais je veux qu’il sache la détermination complète qui est la mienne d’œuvrer avec lui sur ce sujet avec une détermination entière.

Je souhaite vraiment que nos deux pays puissent, sur ces sujets, dans les prochains mois, accroître encore leur coopération. Parce que la menace à laquelle nous sommes confrontés est une menace mondiale, avec des ennemis qui cherchent par tous les moyens à nous déstabiliser et qui imposent ce partage de vues qui sont, je crois, au cœur du sens même de l’alliance historique qui existe entre nos deux pays et qui justifie pleinement la présence du président Trump aujourd’hui et demain à Paris.

Merci encore, Cher Donald, d’être là."

Déclaration conjointe d’Emmanuel Macron et de Donald Trump

Dernière modification : 18/07/2017

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