LES PERSPECTIVES ECONOMIQUES ET SOCIALES POUR L’AMERIQUE LATINE ET LES CARAIBES

La 55ème Conférence des Amériques, organisée par l’Organisation des Etats Américains, était destinée à permettre un échange entre le Président de la Banque Mondiale, M. Jim Yong Kim, et le Secrétaire général de l’Organisation, M. José Miguel Insulza, au sujet des « Perspectives économiques et sociales pour l’Amérique Latine et les Caraïbes ».

L’invitation faite par l’OEA au Président de la Banque Mondiale de s’exprimer sur cette question est directement reliée au thème de l’ Assemblée Générale de l’Organisation, qui s’est tenue du 3 au 5 juin 2014 à Asunción, autour du « Développement et de l’inclusion sociale » comme l’a rappelé le Secrétaire Général.

1. Le Secrétaire Général de l’OEA a affirmé que l’un des défis majeurs dans le monde actuel était de bâtir des sociétés plus inclusives. Il a d’ailleurs rappelé que le thème de la prochaine Assemblée Générale de l’Organisation,
Si la croissance économique de la dernière décennie a permis de faire croître de 50% la classe moyenne en Amérique Latine et dans les Caraïbes, représentant désormais plus de 150 millions de personnes, M. Insulza a souligné le fait que l’hémisphère restait l’une des régions les plus inégalitaires de la planète. En effet, en 2013, 164 millions de personnes vivaient dans la pauvreté en Amérique Latine, soit 28% de la population et parmi eux, 66 millions vivaient dans l’indigence ou l’extrême pauvreté. Ces chiffres sont trop élevés pour une région avec un tel niveau de développement a ajouté le Secrétaire Général.

JPEG2. Les inégalités résident principalement dans l’accès aux biens et services primaires, telle l’éducation. Or, cela contribue à freiner le développement économique et social de la région, sachant que la moitié des personnes vivant dans l’indigence ne sont pas allées au bout de leur éducation primaire. Mais, il n’est pas seulement impératif de sortir les gens de l’extrême pauvreté, il faut également s’assurer qu’ils puissent évoluer et gravir les échelons de l’échelle sociale et économique et bénéficier de meilleures conditions d’existence. L’un des enjeux est ainsi de réduire ces « couches vulnérables », c’est-à-dire les personnes vivant avec environ 10 dollars par jour et qui sont très exposées au déclassement.

3. Le Président de la Banque Mondiale, M. Kim, a également souligné l’importance d’une croissance économique inclusive. En effet, « l’inclusion sociale crée davantage d’inclusion » sociale. Cela implique que les Gouvernements de la région répondent aux attentes importantes de leurs populations, notamment en termes de qualité des services fournis et de gouvernance.

4. Si les avancées sociales et la lutte contre les inégalités ont été incontestablement renforcées ces dernières années, l’Amérique Latine doit cependant continuer à être plus productive et innovante. En cela, l’accès aux services primaires est important mais ce n’est plus suffisant. Il est important de permettre à la majorité des enfants d’aller à l’école primaire, mais il faut également s’assurer que ce qu’ils y apprennent leur permettra d’améliorer leurs conditions de vie. En effet, la véritable valeur ajoutée pour l’Amérique Latine et les Caraïbes doit provenir de l’éducation supérieure et de la formation de talents et de travailleurs hautement qualifiés. Pour cela, il faut investir dans des structures qui permettent ces formations, afin que les jeunes de la région soient compétitifs au niveau international.

La croissance économique sera d’autant plus renforcée que l’éducation sera meilleure et que les inégalités seront réduites. En effet, l’inégalité n’est pas simplement la conséquence d’un manque de croissance, mais également la source de ce manque de croissance. Le développement et l’inclusion sociale doivent donc être associés.

5. Enfin, Jim Yong Kim a assuré l’audience que la Banque Mondiale est en constante remise en cause afin d’améliorer la qualité des missions qu’elle supervise. De ce point de vue, la Banque Mondiale ne cherche à défendre aucune idéologie économique particulière, ni à donner des instructions aux Etats. Elle travaille en coopération tant avec les gouvernements qu’avec le secteur privé afin de fournir des services de bonne qualité aux personnes et de lutter contre la pauvreté.

Pour améliorer son fonctionnement la Banque Mondiale tend à faciliter l’accès aux prêts pour les Etats et à réduire le temps d’émission. Pour cela elle travaille à faire diminuer la bureaucratie en son sein. Elle continue de faire de petits changements qui font une réelle différence à l’échelle globale, comme par exemple modifier sa structure afin que ses employés travaillant sur un même champ de compétences à différents endroits du monde puissent échanger leurs connaissances et leurs expériences pour améliorer l’efficacité des services qu’elle fournit.

Dernière modification : 10/07/2014

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